Biographie

Après des études chez les Jésuites, Michel Orcel passe le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, 1974), mais abandonne très vite la préparation à l'ENA pour se diriger vers la philosophie et les lettres à La Sorbonne. Après une maîtrise de métaphysique chrétienne  (dir. Claude Tresmontant, 1976), il obtient un DEA d'Islamologie (dir. Roger Arnaldez, 1978), et soutient une thèse de doctorat ès Lettres et Sciences humaines (Etudes italiennes, dir. Mario Fusco, 1990), couronné par une Habilitation à diriger des recherches doctorales (dir. Bruno Pinchard, Tours, 1996). Entre-temps (1977-1978), il a été chercheur à l'Institut universitaire européen de Florence (où il a suivi les séminaires des prof. Charles Wilson et Alphonse Dupront), puis Pensionnaire à l'Académie de France à Rome (Villa Médicis, 1981-1983). Son enseignement à l'Université de Rennes, où il a été maître de conférences (1992-1996), lui a permis de développer ses recherches sur la Renaissance (Cellini, l'Arioste) et de fonder une chaire d'Histoire de l'opéra italien.

Psychanalyse. Formé à Paris et successivement analysé par Jean-Pierre Maïdani Gérard (SPF, EPCI), Manuel Garcia Barroso (SPP) et Kathleen Kelley-Lainé (SPP), il a exercé à Paris et à Marrakech jusqu'en 2012, avant de s'établir à Nice. Il a quitté en 2014 la Société de Psychanalyse freudienne (SPF, Paris), dont il était jusque-là membre praticien. Se considérant avant tout comme un clinicien (dans la lignée de Winnicott et Ferenczi), son apport majeur à la théorie tient dans l'article Histoire de la subjectivité, empathie et cadre analytique issu de la conférence qu'il avait donné en 2005 sur L'empathie comme outil réparateur au "Malaise dans la civilisation" au congrès de la SMP en 2005 à Rabat. On notera cependant l'usage fructueux qu'il fait de l'apport psychanalytique pour la critique littéraire (voir notamment sa thèse de doctorat, Langue mortelle, et ses essais intitulés Italie obscure). Il exerce depuis une dizaine d'années à Nice. 

Littérature. Son œuvre personnelle couvre presque tous les champs de l'expression littéraire, et se double d'une activité critique dans le domaine littéraire et musical ainsi que d'une réflexion dans le domaine anthropologique et religieux (voir ses voyages au Maroc et au Moyen-Orient). Jean-Pierre Richard, Jean Starobinski et d'autres critiques (notamment le regretté Bernard Simeone) ont jugé son œuvre digne d'être étudiée sous le double aspect thématique et stylistique. 

Son œuvre de traducteur, qui a renouvelé en France le visage et l'étude des grands Italiens (l'Arioste, le Tasse, Leopardi, Foscolo, etc.), lui a notamment valu les Prix "Diego Valeri" (Città di Monselice), "Nelly Sachs" (Prix Européen de Littérature et de Traduction) et "Jules Janin" (Académie française) ; sa biographie critique de Verdi (Verdi. La vie, le mélodrame) fait désormais autorité ; ces dernières activités dans ce domaine lui ont valu en 2009 d'être promu, par décret du Président de la République italienne, Commandeur de l'Etoile d'Italie.  

Il a publié en 2016 un important recueil de proses : La Destruction de Nice, puis a  rayé de sa bibliographie La Lunette de Stendhal, dont il a pris le point de départ pour base d'un roman totalement différent : Le Jeune Homme à la mule (Pierre-Guillaume de Roux éditeur, Paris, 2020), qui a été couronné par le Trophée de Littérature du cercle K2. A la fin de la même année, il a reçu le Grand Prix de poésie de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre et a publié L'Anti-Faust, suivi d'un Sonnet et de deux Idylles de Leopardi. 

Il vient d'achever pour les éditions de La Dogana (Genève) une traduction radicalement nouvelle de la Divine Comédie, dont le dernier tome (Le Paradis) est paru en mai 2021 pour le 700e anniversaire de la mort du grand poète. Dans le champ de l'emblématique, il a donné en collaboration avec Alban Pérès les tomes I et II du Dictionnaire raisonné des devises (le tome III est en préparation)  et l'Armorial des poèmes carolingiens de la Cour de Ferrare, travail tout à fait neuf dans ce domaine. Sa traduction du Roland furieux (parue en 2000) vient de reparaître en Points-Seuil, avec une préface de M. O., remplaçant celle de Calvino. Son dernier ouvre est un recueil de douze proses, ou longs "aphorismes", intitulé Paradoxa.  


Copyright photo de couverture :        Sylvie Yvert
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